Les douleurs de l'allaitement

Les douleurs de l'allaitement

Il ne s'agit pas ici de faire le catalogue exhaustif de toutes les causes possibles de douleurs pendant l'allaitement (douleurs de mamelons et douleurs de seins), de leur prévention et de leur traitement. Il y faudrait un livre entier. Ceux et celles qui souhaiteront approfondir le sujet, se reporteront à la bibliographie de chaque article.

Il s'agit simplement d'évoquer quelques situations qui sont responsables de la douleur dans l'immense majorité des cas, et qu'il est relativement facile de prévenir ou de corriger.

Il restera toujours un certain nombre de cas rebelles à toute explication et à toute prévention (certains des témoignages qui suivent en sont la preuve).

Mais l'on aura fait un grand pas en avant le jour où les douleurs d'allaitement seront dans neuf cas sur dix prévenues ou soulagées par les mesures simples dont nous allons parler.

 

La position, toujours la position

Il fut un temps - pas si lointain - où les gercures et crevasses des premiers jours d'allaitement, étaient considérées avec fatalisme. Si une femme avait des douleurs de mamelons, c'est qu'elle avait la "peau fragile", ou bien qu'elle n'avait pas bien "préparé" ses seins pendant la grossesse.

Et puis, vers la fin des années 70, plusieurs femmes, aux quatre coins du monde, firent chacune de leur côté les mêmes constatations. Il s'agissait de Kittie Frantz, alors animatrice LLL à Los Angeles, de Chloë Fisher, sage-femme à Oxford, et d'Elsa Wood, aide-soignante en Nouvelle-Zélande.

 

Mais laissons raconter Kittie Frantz.

"J'avais vraiment cru que si l'on préparait ses mamelons, tout se passait bien. Or, pour mes propres enfants, je l'ai fait et malgré cela, j'ai eu de terribles douleurs de mamelons. Je pensais que peut-être un soir, j'avais oublié la préparation, que je ne l'avais pas faite assez consciencieusement. Mais j'entendais bien d'autres femmes dire qu'elles n'avaient pas oublié une seule fois, et qu'elles avaient quand même eu mal. (...) Dans cette consultation, j'ai remarqué que les femmes qui avaient des mamelons douloureux ne tenaient pas leur bébé de la même façon que celles qui n'avaient pas mal. J'ai commencé à dire à celles qui avaient mal : 'Pourquoi n'essayez-vous pas de tenir votre sein comme ceci et le bébé comme cela ?', et elles disaient : 'Comme ça, je n'ai pas mal !'. J'étais assez emballée" (1).

Quand cette information commença à se diffuser grâce au réseau mondial de LLL, nous aussi fûmes emballées ! Nous sommes un certain nombre à nous souvenir avec émotion des premières femmes que nous avons aidées à corriger la position de leur bébé au sein, et du soulagement immédiat qui se lisait sur leur visage (2). C'était proprement miraculeux !

Bien sûr, depuis, il a fallu affiner. Toutes les femmes qui adoptaient une "mauvaise" position, n'avaient pas obligatoirement des problèmes. Et inversement, certaines femmes avaient des problèmes malgré ce qui semblait être une "bonne" position. Il n'y avait pas que la position du corps du bébé qui jouait, mais aussi celle de sa bouche, de ses lèvres, de sa langue.

Mais on tenait enfin une explication et un moyen de prévention/traitement valables dans d'innombrables cas, et croyez-moi, cela faisait une sacrée différence !

Quelques points indiquant une bonne position

La mère est confortablement installée. Elle ne ressent aucune tension musculaire. Elle ne se penche pas sur le bébé.

Le bébé est "estomac contre estomac". Son oreille, son épaule et sa hanche sont sur une ligne droite. La mère soutient son sein pouce au-dessus, autres doigts au-dessous, loin de l'aréole. Elle attend que son bébé ouvre grand la bouche pour le mettre au sein. Elle amène le bébé au sein d'un mouvement rapide du bras qui le soutient. Le bébé prend tout le mamelon et autant d'aréole qu'il peut en rentrer dans la bouche. Son nez et son menton touchent le sein pendant la tétée.

Les lèvres du bébé sont retroussées sans crispation. Sa langue est en gouttière sous le sein.

(1) LLLettre aux animatrices, LLL France, n°11, janvier 1989.
(2) Pour expliquer ce soulagement immédiat alors que la crevasse est toujours là, j'utilise souvent la comparaison des ampoules aux pieds. Si vous avez des chaussures neuves qui ont provoqué des ampoules, que vous les enleviez pour mettre d'autres chaussures qui n'appuient pas aux mêmes endroits, vos ampoules ne vous font plus mal bien qu'elles soient toujours là.

 

Pour une approche dermatologique des crevasses

Même si la plupart des problèmes de mamelons dans le post-partum sont dûs à une mauvaise position du bébé au sein et à des problèmes de succion, il n'en reste pas moins important de traiter les crevasses en accélérant leur cicatrisation.

Or qu'est-ce qu'une crevasse, sinon une fissure cutanée du genre de celles qu'on observe en cas de déshydratation de la couche cornée de l'épiderme (par exemple les gerçures des lèvres par grand froid).

Traiter une crevasse, ce sera donc à la fois proscrire tout ce qui pourrait aggraver la déshydratation (1), notamment le séchage au sèche-cheveux, et appliquer dessus un émollient qui soulagera la douleur et créera une barrière cutanée réduisant l'évaporation et maintenant une hydratation adéquate.

La lanoline médicale anhydre (2) semble être un bon produit pour ce faire. Elle n'a plus les inconvénients qui avaient fait délaisser la lanoline dans les années 80 (importants résidus de pesticides et alcool lanoléinique libre responsable de réactions allergiques). Elle forme ce film protecteur qui ralentit l'évaporation cutanée et sous lequel la crevasse va cicatriser sans croûte et guérir plus facilement.

(1) Il faut faire la différence entre humidité de l'épiderme (à éviter) et hydratation cutanée (à protéger).
(2) Elle existe sous la marque Lansinoh qui, avant d'être bientôt commercialisée dans les pharmacies françaises (c'est déjà fait en Suisse), est disponible auprès du Centre de documentation de LLL France (50 F franco le pot).

à lire
"Pour une approche dermatologique des crevasses", LLLettre des associés médicaux, n° 16, p. 19.
"Moist wound healing for cracked nipples in the breastfeeding mother", Susan C. Huml, IBCLC, Leaven, jan.-feb. 1994.

 

Et si c'était du muguet ?

Lorsque les douleurs de mamelons se prolongent au-delà de quelques jours alors que manifestement le bébé tète correctement, il faut envisager la possibilité qu'elles soient dues à une candidose (infection à candida albicans), familièrement appelée "muguet" car elle provoque souvent (mais pas toujours) chez le bébé l'apparition de taches blanches à l'intérieur de sa bouche.

Cette infection (qui s'accompagne souvent d'une mycose vaginale chez la mère ou fait suite à la prise d'antibiotiques) peut rendre les mamelons rose vif, "croûteux", provoquer des crevasses, une sensation de brûlure / irritation / déman-geaison.

Dans la mesure où le champignon "remonte" le long des canaux lactifères, on peut éprouver des douleurs lancinantes, en rayons de roues, comme un "feu liquide" à l'intérieur des seins, aussi bien pendant qu'entre les tétées. Contrairement à toute logique, il arrive qu'un seul sein soit atteint.

En présence d'un de ces symptômes, il est judicieux de traiter la mère et le bébé de façon simultanée (même si l'un des deux ne présente aucun symptôme) avec un antifongique.

Il n'y a bien sûr aucune raison d'arrêter l'allaitement, et le soulagement survient en un ou deux jours.

à lire
LLLettre des associés médicaux, n° 1, n° 7, et n° 11.
Breastfeeding Answer Book, LLL, p. 172.

 

Que penser des bouts de sein ?

Lorsque les bouts de sein en silicone sont arrivés sur le marché, ils représentaient un réel progrès par rapport aux "vieux" modèles, et ils sont apparus à beaucoup (professionnels de santé travaillant en maternité, mais aussi certains groupes d'allaitement qui ont largement contribué à les diffuser) comme le remède miracle aux douleurs de mamelons.

Il était tellement plus facile et rapide de proposer à la mère un "gadget" (sans avoir à se préoccuper du devenir de l'allaitement, puisqu'après sa sortie de la maternité, on n'entendait plus parler d'elle) que de se former à reconna"tre une bonne et une mauvaise position du bébé au sein, et de prendre ensuite le temps d'aider chaque femme lors des premières mises au sein.

Très vite, les animatrices LLL ont rencontré des femmes chez qui les bouts de sein avaient eu des conséquences catastrophiques sur l'allaitement : leur bébé, habitué depuis la naissance aux bouts de sein, refusait de téter le sein "nu", son poids stagnait, etc.

Les bouts de sein interfèrent en effet avec l'allaitement de plusieurs manières.

D'une part, la bouche du bébé n'étant pas en contact direct avec l'aréole, les terminaisons nerveuses de celle-ci sont mal stimulées, le message envoyé au cerveau plus faible, et par conséquent la quantité de lait produite en baisse (selon une étude anglaise, le "manque à gagner" représente de 20 à 60% selon les modèles de bouts de sein).

D'autre part, le bout de sein induit chez le bébé une succion très différente de la succion au sein. Les mouvements de la langue sont différents. Si l'enfant essaie de téter le sein comme il tète le bout de sein artificiel, il repousse le mamelon au lieu de l'enfoncer profondément dans sa bouche, entra"nant douleurs pour la mère, et pour lui incapacité à "traire" le sein, et donc frustration.

Il y a des cas où les bouts de sein peuvent être une aide ponctuelle. Mais alors, la personne qui les "prescrit", devrait bien informer la mère de leurs dangers et de la nécessité de s'en débarasser le plus vite possible, et si possible être là pour l'aider à le faire !

 

Les douleurs de seins

Le problème des douleurs de seins est encore plus vaste que celui des douleurs de mamelons.

En effet, pratiquement tous les "incidents de parcours" de l'allaitement (quel que soit le stade où il en est) et toutes les affections (graves ou bénignes) des seins, peuvent s'accompagner de douleurs plus ou moins importantes.

Engorgement, réflexe d'éjection trop fort ou au contraire inhibé, douleurs musculaires dues à l'accouchement ou à une mauvaise posture pendant les tétées (la mère penchée sur son bébé), mastite due à un canal lactifère bouché ou à une infection, abcès du sein, spasme du canal lactifère, mycose (voir ci-dessus), mauvaise utilisation d'un tire-lait, adhérences dues à des cicatrices de chirurgie mammaire ou autres, traumatisme à un sein (dû par exemple à un soutien-gorge trop petit ou mal adapté), syndrôme pré-menstruel, poids d'une poitrine très volumineuse, mastose sclérokystique (kystes ou "boules" dans les seins), cancer du sein, etc. Comme on le voit, la liste est longue.

Disons néanmoins que la plupart des cas se résolvent facilement une fois que la cause a été détectée, et que la cause la plus répandue, la mastite aigue ou lymphangite, se soigne en général très facilement par le trio de mesures suivantes : tétées fréquentes, repos, applications froides ou chaudes (en fonction du soulagement ressenti).

Si ces mesures simples n'ont pas amené de guérison ou de nette amélioration dans les 24 heures, il sera utile de consulter un médecin. Si possible un médecin compétent en matière d'allaitement, qui sache donc faire un diagnostic (chez combien de femmes a-t-on diagnostiqué un "abcès du sein" qui n'était qu'un simple engorgement localisé...) et proposer un traitement autre que... l'arrêt brutal de l'allaitement !



à lire
L'Art de l'allaitement maternel, LLL, pp. 245-46.
Problèmes de succion et d'allaitement : panorama des solutions, LLL, p. 17.
"La mastite aiguë ou lymphangite", F. Railhet et L. Marchand-Lucas, LLLettre des associés médicaux, n° 11.
"Les petits tracas de l'allaitement", F. Railhet, Allaiter aujourd'hui, n° 17, p. 12.
Seins douloureux, feuillet LLL n° 29.
Breastfeeding Answer Book, LLL, p. 131.

Bibliographie :
Traité de l'allaitement maternel, N. Mohrbacher, J. Stock, LLLI.
Les Dossiers de l'allaitement n° 28, juillet 1996, pages 17 - 21
Les Dossiers de l'allaitement n° 24, juillet 1995, page 23

 

 

Seins douloureux

 
Quelle qu'en soit la raison, il y a trois règles de base à suivre pour traiter un sein douloureux : il faut de la chaleur avant les tétées et du froid entre pour réduire l'œdème, beaucoup de repos et des tétées fréquentes car le sein doit être suffisamment bien drainé, pour que vous vous sentiez à l'aise.

 

• Canal lactifère obstrué

Si vous remarquez un endroit sensible, un nodule douloureux ou un gonflement du sein, c'est peut-être un canal lactifère bouché. Très fréquemment, cela est provoqué par une mauvaise position du bébé au sein (voir le paragraphe ci-dessous au sujet de la position). Souvent, un canal se bouche lorsque les tétées sont trop espacées à cause des horaires imposés à la maternité, quand le bébé dort toute la nuit, qu'il reçoit des biberons de complément ou qu'on se sert trop d'une tétine. Un soutien-gorge trop serré, une couture de celui-ci mal placée, un porte-bébé qui comprime le sein, une mauvaise position de sommeil ou l'utilisation d'un soutien-gorge qui n'est pas prévu pour l'allaitement et qu'on remonte pour allaiter, peuvent également être en cause. Parfois, un canal se bouche parce que des sécrétions séchées (lait ou autres) recouvrent ou obstruent l'un des orifices du mamelon.


1. Vérifiez la position du bébé au sein.
Tout le corps du bébé doit être complètement face à vous, l'oreille et la hanche sur une ligne, la tête dans l'axe du corps, " estomac contre estomac ". Le bébé doit avoir une bonne partie de l'aréole (la partie foncée autour du mamelon) dans sa bouche. Son nez et son menton devraient toucher le sein. Essayez de changer de position de temps en temps. Vous pouvez vous coucher, vous asseoir ou mettre le bébé en position de "ballon de rugby". Une position qui semble être très efficace dans le cas d'un canal obstrué est de placer le bébé au milieu du lit ou sur une couverture par terre et de vous mettre à quatre pattes au-dessus de lui pour l'allaiter, en laissant les seins pendre librement.


2. Après les tétées, appliquez du froid sur les seins en mettant des compresses.

Enlevez éventuellement le lait séché en trempant les mamelons dans de l'eau tiède. S'il s'agit d'une substance qui bouche l'intérieur du canal, beaucoup de mères ont trouvé utile d'effectuer quelques mouvements de torsion du mamelon plusieurs fois par jour.
Pour le faire, saisissez la base du mamelon à la limite de l'aréole entre le pouce et l'index. Tordez-le très doucement à droite puis à gauche plusieurs fois. On peut appliquer de l'huile sur le mamelon et la base de l'aréole en plus de ces torsions.
Ensuite, massez doucement le sein et essayez d'allaiter le bébé ou d'exprimer le lait manuellement. Ce sera plus facile après avoir appliqué de la chaleur.


3. Allaitez le bébé du côté douloureux souvent et pendant assez longtemps pour que le lait s'écoule bien par les canaux.
Plus vous allaitez, mieux ce sera. Vous devez allaiter au moins toutes les heures ou toutes les deux heures le jour et une fois par nuit.


4. Desserrez les vêtements,
surtout le soutien-gorge ou n'en portez plus pendant quelques jours. Si vous avez souvent des canaux bouchés, vous pouvez essayer un soutien-gorge de taille ou de forme différente, avec des bonnets plus larges ou plus profonds, sans couture gênante.

5. Ralentissez votre rythme de vie. Reposez-vous davantage et, si possible, restez au lit avec votre bébé. Un canal bouché devrait être en bonne voie de guérison après vingt-quatre heures si vous suivez le traitement décrit ci-dessus mais nous vous recommandons de vous " ménager " pendant quelques jours, puisqu'un canal bouché peut réduire votre résistance et provoquer une infection du sein. Il a été remarqué que les femmes qui prenaient des suppléments de calcium en grande quantité ou qui avaient une alimentation riche en graisses saturées (beurre...) avaient plus souvent des canaux bouchés. Peut-être pourriez-vous, si c'est le cas, réduire la supplémentation en calcium ou consommer plus de graisses insaturées et polyinsaturées (huiles végétales).



• Infection du sein

Si vous remarquez le genre de douleur décrite pour un canal lactifère bouché, accompagnée d'une forte fièvre ou des symptômes de la grippe (fatigue, courbatures, surmenage), vous êtes peut-être en train de couver une infection au sein. Le mieux est de commencer à traiter cette infection le plus vite possible. Il n'y a absolument pas de danger à continuer l'allaitement du côté atteint. Au contraire, la poursuite de l'allaitement aide à enrayer l'infection beaucoup plus vite. Non seulement un sevrage brusque est un choc affectif et physique, pour vous et pour le bébé, mais l'engorgement du sein que provoque généralement un sevrage brusque aggrave l'infection. Des études ont montré que le bébé ne court aucun risque en tétant lorsque sa mère a une infection du sein. Des anticorps qui protègent le bébé des bactéries responsables de l'infection se forment dans le lait.
Suivez le traitement décrit pour un canal bouché : froid ou chaud, repos et tétées fréquentes. Certaines mères trouvent l'application de froid plus efficace que d'appliquer de la chaleur. Vous pouvez vous servir dans un premier temps d'un linge trempé dans l'eau froide et préparer un gant de toilette mouillé, ou une petite serviette pliée en quatre, mis dans un sac plastique que vous mettez au congélateur. Vous pouvez ensuite appliquer l'ensemble par-dessus votre chemisier. Préparez-en d'avance. Il faut toujours prendre soin de protéger la peau et d'interposer une pièce de tissu pour éviter une gelure. Avec ce traitement, on voit généralement la fièvre disparaître en 24 heures. Au delà, il faut consulter un médecin afin de recevoir un traitement. L'allaitement peut et devrait être maintenu.
De nombreux médecins se sont rendu compte que si le traitement est assez précoce, on peut éviter les antibiotiques. Des traitements répétés d'antibiotiques semblent décourager la fabrication par le corps de ses propres anticorps. Si, dans certains cas, votre médecin prescrit des antibiotiques, faites attention à bien suivre le traitement en entier. Trop souvent, les gens arrêtent de prendre les médicaments dès qu'il y a une amélioration, puis rechutent quelques jours après. Il existe de nombreux antibiotiques compatibles avec l'allaitement. Il n'y a donc pas lieu d'arrêter, même momentanément, votre allaitement.

 

Les cas particuliers

 
Dans certains cas, le traitement indiqué ci-dessus ne semble pas apporter d'amélioration. D'autre part, vous remarquez que l'infection fait suite à des traitements antibiotiques, ou bien que vous avez été soignée (ou un membre de la famille l'a été) pour une mycose (pendant la grossesse ou ensuite). Le Dr Neifert a noté que, dans ce cas, un traitement antifongique suffisamment long sur le mamelon, dans la bouche du bébé et éventuellement par voie orale pour vous, permettait de guérir ce type très particulier d'infection du sein. La meilleure prévention serait de vérifier, en cas de mamelons douloureux persistants, qu'il ne s'agit pas d'une mycose et de suivre un traitement dès ce stade.

 

• L'abcès du sein

Certaines mères confondent infection du sein et abcès du sein. Un abcès est une infection qui a mûri. Il doit être incisé et drainé ou peut s'ouvrir et se drainer tout seul. Il est rare qu'une infection du sein se transforme en abcès et il est peu probable que cela se produise lorsqu'on commence tout de suite le traitement ci-dessus. Si un abcès se développe, le médecin peut décider de l'ouvrir et de le drainer. Il peut faire cette intervention dans son cabinet. S'il préfère vous hospitaliser pendant quelques heures, vous ne devriez pas être séparée de votre bébé très longtemps. Dans certains cas, le bébé peut continuer à téter le sein atteint si sa bouche ne touche pas l'incision. Dans le cas où l'incision est située près du mamelon, vous pouvez continuer à allaiter de l'autre sein et, afin d'éviter que le sein ne s'engorge, exprimer manuellement le lait du sein affecté pendant le drainage de l'abcès. Après quelques jours, vous pourrez sûrement redonner le sein affecté.

 

• Des infections à répétition

Lorsque des infections au sein ont lieu à quelques semaines d'intervalle, c'est souvent parce que la première infection n'a pas été complètement guérie. En cherchant les raisons possibles de ces infections, vous pourrez les prévenir. Les facteurs suivants sont souvent en cause :

- L'état général.
Si vous êtes surmenée ou fatiguée, faites faire un bilan de santé avec une analyse de sang. L'anémie contribue souvent à des infections à répétition. Vous devez continuer à prendre des vitamines et du fer si votre médecin les prescrit. Certains médecins recommandent de la vitamine C pour combattre les infections.

- La nutrition.
La prise de vitamines ne peut remplacer une bonne alimentation générale. Si vous n'avez pas l'habitude de bien manger, c'est le moment de commencer à le faire. N'hésitez pas à prendre des en-cas nutritifs au cours de la journée, et buvez à votre soif. Faites attention à manger des fruits, des légumes frais et des céréales complètes. Lisez le chapitre sur la nutrition dans L'Art de l'allaitement maternel, un livre édité par La Leche League.

- Le soin des mamelons.
Des mamelons abîmés peuvent laisser entrer des microbes. Suivez soigneusement nos recommandations pour la position et la mise au sein du bébé, pour la prévention et le traitement des mamelons douloureux
(voir le feuillet n°04, Mettre votre bébé au sein).

- Allaiter fréquemment.
Allaitez votre bébé peu de temps après la naissance et fréquemment par la suite. Il est rassurant et reposant de garder votre bébé tout près de vous à la clinique et à la maison. Il y a moins de tension et d'appréhension lorsque vous voyez que votre bébé va bien. Sa présence auprès de vous vous permet de l'allaiter quand il en exprime le besoin. Plusieurs tétées au cours de la nuit ne troubleront pas votre repos si vous prenez le bébé dans votre lit.

- Les vêtements.
Portez des vêtements confortables pour faciliter l'allaitement. Evitez les soutiens-gorge trop serrés ou ceux dont les bandes intérieures gênent le sein. Si vous utilisez un porte-bébé, assurez-vous que les bretelles ne compriment pas les seins.

- Les activités supplémentaires.
Evitez les activités supplémentaires telles que le ménage, les invitations et les engagements socioculturels. Décontractez-vous, profitez de votre bébé et laissez ces activités à quelqu'un d'autre pendant un moment.

- Les attitudes et les émotions.
Les premières semaines à la maison sont une période d'ajustement pour vous et votre bébé. Un bon démarrage peut beaucoup contribuer à la prévention des infections du sein dans l'immédiat et par la suite. Comptez sur la famille pour vous apporter aide et soutien et pour servir de " tampon " entre vous, les visiteurs et les activités supplémentaires. "Hibernez" pendant quelque temps avec votre bébé en vous sentant libre de le câliner et de l'aimer autant que vous le désirez. Ces merveilleux sentiments maternels aident votre lait à couler librement et peuvent aider à prévenir les canaux lactifères obstrués. Le bien-être affectif influe sur la santé physique.


 


© LLL France
Noter cette page

0/10 sur 0 vote

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 28/05/2009

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Associations
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web